Pendant l'anorexie, j'ai lu "Thornytorinx" de Camille De Peretti.
Je l'ai trouvé bien, mais quand on lit ses genres de descriptions, on a l'impression que ce qu'elle fait est normal, on perçoit moins cela comme une maladie. Elle raconte son histoire et utilise des phrases comme: "Je me sentais la maîtresse du monde" (Après s'être fait vomir dans les toilettes d'un bar sans que personne ne se doute de son "petit jeu").
Je me suis beaucoup intéressée à cette maladie du coup et j'ai lu toutes sortes d'articles, dans les forums, les sites, les blogs etc... J'ai pu en lire pour lesquels je me sentais directement concernée. Les mêmes façons de penser, les mêmes réactions, façons d'agir, l'envie de se donner à fond dans le travail etc... (<- Avant que cela devienne trop fatiguant, par la suite...)
Quelques temps avant de guérir, j'ai aussi lu "Anorexie, boulimie et compulsions" de Daniel Rigaud.
il est vraiment bien ce livre. très bien même ! Il nous apprend tout un tas de choses et décrit très bien les sensations que l'on peut ressentir, tant sur le plan physique qu'émotionnel.
Vers la fin du livre, lorsque ce professeur arrive au chapitre sur la guérison (Et oui ! Hihi), il nous donne ce que l'on a à PERDRE, mais en fait à GAGNER en guérissant.
Cela m'a BEAUCOUP aidée et je me suis aperçue qu'il avait raison. Cela m'a beaucoup aidé à me raisonner. (Ensuite est venue une grande discussion avec ma famille qui m'a COMPLETEMENT raisonnée ! ^^. C'était le plus important. LE grand élément.) Mais voici ce qui m'a aussi aidée dans mon combat:
J'y perds... -> J'y gagne en fait...
-La maîtrise de mon corps d'anorexique (restrictive ou pas) -> Mais je ne maîtrise rien en fait.
-Mon âme: mon corps ne me plaît pas -> Platonicien(ne) va ! Tu es ton corps. Tu penses aussi à tes pieds, tes mains, ton nez, ton ventre... En guérissant, tu réinvestis trois cent milliards de cellules qui sont toi.
-Mes parents ne m'aimeront plus -> Vrai. Plus comme tu étais maigre ou boulimique. Mais mieux, beaucoup mieux. Moins souvent, mais plus intense. On n'enferme pas le vent... ni l'amour.
-J'ai besoin de tout porter -> Superwoman (Superman), va ! Je suis plus vieux que toi. Il y a longtemps que je ne porte que le strict nécessaire. Pour voyager loin. Pour aller au bout.
-A quoi ça sert de vivre ? -> A rien. C'est un don de soi. Pour soi. savoir retrouver le plaisir de faire (et se faire) plaisir.
-J'y perdrais l'inquiétude de mes proches -> L'inquiétude n'est pas de l'amour. Au contraire, elle lui nuit.
-J'y perdrais mon assurance -> De quelle assurance parles-tu donc ? Celle d'une survie pleine d'angoisse ?
-J'y perdrais ma "soupape" -> Vrai. Mais quelle "soupape" ! Rien n'y résiste: pas même ta personnalité.
-Mais mes amis ne m'appelleront plus -> Faux. Ils oseront enfin. Ils savent pour l'instant que tu ne peux pas sortir (aller au restaurant).
-Ma silhouette -> Ta silhouette les terrifie en fait. Cette maigreur (anorexie), cet air fatigué, triste. Il vaut mieux peser un poids normal, ça rajeûnit.
-J'y perdrais mes repères -> Ceux d'aujourd'hui, oui. Mais ils sont vides de sens. Tu en trouveras d'autres, plus riches.
Lorsque j'ai lu ce paragraphe du chapitre, j'avais fait une crise de boulimie vomitive, le même soir. J'étais assise par terre, dans les toilettes qui se trouvent tout près de ma chambre (loin des chambres de ma famille...), les fenêtres ouvertes, une clope à la main. Il devait être 2 heures du matin. J'étais fatiguée... Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. J'ai commencé à tourner les pages, histoire de voir un peu les sujets. Et je me suis attardée sur ce chapitre. Je l'ai trouvé très intéressant. Je me suis aperçue qu'il répondait vraiment ce qu'on avait besoin d'entrendre pour nous raisonner et nous aider à nous relever !