Pub anorexie: "Don't die for a diet", "Ne mourrez pas pour un régime".

J'aimais bien cette vidéo parce qu'elle est vraie et qu'elle reflette un petit peu ce que je vivais.
Je faisais cela inconsciement. Je voulais maigrir et je me faisais emporter par la maladie.


Traduction, en français:
"Quand je serai grande je vais tricher et mentir a mes amis, à mes parents, mais surtout à moi. Mangez-nu devant le miroir ainsi vous ne serez pas tenté de manger trop. Dites que vous allez manger chez vos amis et faire à la place une promenade. Gardez vos cheveux en bon état tellement ainsi personne ne suspectera rien. Être maigre et ne pas manger sont des signes de pouvoir et de succès. Vous ne serez jamais trop mince."

Bon visionnage.

# Posté le lundi 05 novembre 2007 09:34

Modifié le lundi 05 novembre 2007 10:21

Le livre, aide

Pendant l'anorexie, j'ai lu "Thornytorinx" de Camille De Peretti.
Je l'ai trouvé bien, mais quand on lit ses genres de descriptions, on a l'impression que ce qu'elle fait est normal, on perçoit moins cela comme une maladie. Elle raconte son histoire et utilise des phrases comme: "Je me sentais la maîtresse du monde" (Après s'être fait vomir dans les toilettes d'un bar sans que personne ne se doute de son "petit jeu").
Je me suis beaucoup intéressée à cette maladie du coup et j'ai lu toutes sortes d'articles, dans les forums, les sites, les blogs etc... J'ai pu en lire pour lesquels je me sentais directement concernée. Les mêmes façons de penser, les mêmes réactions, façons d'agir, l'envie de se donner à fond dans le travail etc... (<- Avant que cela devienne trop fatiguant, par la suite...)
Quelques temps avant de guérir, j'ai aussi lu "Anorexie, boulimie et compulsions" de Daniel Rigaud.
il est vraiment bien ce livre. très bien même ! Il nous apprend tout un tas de choses et décrit très bien les sensations que l'on peut ressentir, tant sur le plan physique qu'émotionnel.

Vers la fin du livre, lorsque ce professeur arrive au chapitre sur la guérison (Et oui ! Hihi), il nous donne ce que l'on a à PERDRE, mais en fait à GAGNER en guérissant.
Cela m'a BEAUCOUP aidée et je me suis aperçue qu'il avait raison. Cela m'a beaucoup aidé à me raisonner. (Ensuite est venue une grande discussion avec ma famille qui m'a COMPLETEMENT raisonnée ! ^^. C'était le plus important. LE grand élément.) Mais voici ce qui m'a aussi aidée dans mon combat:

J'y perds... -> J'y gagne en fait...
-La maîtrise de mon corps d'anorexique (restrictive ou pas) -> Mais je ne maîtrise rien en fait.
-Mon âme: mon corps ne me plaît pas -> Platonicien(ne) va ! Tu es ton corps. Tu penses aussi à tes pieds, tes mains, ton nez, ton ventre... En guérissant, tu réinvestis trois cent milliards de cellules qui sont toi.
-Mes parents ne m'aimeront plus -> Vrai. Plus comme tu étais maigre ou boulimique. Mais mieux, beaucoup mieux. Moins souvent, mais plus intense. On n'enferme pas le vent... ni l'amour.
-J'ai besoin de tout porter -> Superwoman (Superman), va ! Je suis plus vieux que toi. Il y a longtemps que je ne porte que le strict nécessaire. Pour voyager loin. Pour aller au bout.
-A quoi ça sert de vivre ? -> A rien. C'est un don de soi. Pour soi. savoir retrouver le plaisir de faire (et se faire) plaisir.
-J'y perdrais l'inquiétude de mes proches -> L'inquiétude n'est pas de l'amour. Au contraire, elle lui nuit.
-J'y perdrais mon assurance -> De quelle assurance parles-tu donc ? Celle d'une survie pleine d'angoisse ?
-J'y perdrais ma "soupape" -> Vrai. Mais quelle "soupape" ! Rien n'y résiste: pas même ta personnalité.
-Mais mes amis ne m'appelleront plus -> Faux. Ils oseront enfin. Ils savent pour l'instant que tu ne peux pas sortir (aller au restaurant).
-Ma silhouette -> Ta silhouette les terrifie en fait. Cette maigreur (anorexie), cet air fatigué, triste. Il vaut mieux peser un poids normal, ça rajeûnit.
-J'y perdrais mes repères -> Ceux d'aujourd'hui, oui. Mais ils sont vides de sens. Tu en trouveras d'autres, plus riches.

Lorsque j'ai lu ce paragraphe du chapitre, j'avais fait une crise de boulimie vomitive, le même soir. J'étais assise par terre, dans les toilettes qui se trouvent tout près de ma chambre (loin des chambres de ma famille...), les fenêtres ouvertes, une clope à la main. Il devait être 2 heures du matin. J'étais fatiguée... Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. J'ai commencé à tourner les pages, histoire de voir un peu les sujets. Et je me suis attardée sur ce chapitre. Je l'ai trouvé très intéressant. Je me suis aperçue qu'il répondait vraiment ce qu'on avait besoin d'entrendre pour nous raisonner et nous aider à nous relever !

# Posté le mercredi 31 octobre 2007 12:45

Ne regrette pas ce régime !

On m'a posé une question très intéressante. On m'a demandé si je regrettais ce régime. Celui que j'ai commencé avant de sombrer dans la maladie.

Et bien, ma réponse pourra peut-être sembler bizarre, mais NON, je ne regrette pas d'avoir fait ce régime pendant les grandes vacances.
Tout simplement parce que la guérison m'a rendue plus forte, je suis plus ouverte et j'ai appris à m'accepter. Je me trouvais un peu trop grosse. En faisant ce régime, j'ai été contente d'avoir un "nouveau" corps. Ca a été une période assez importante dans ma vie. Puis, en regrossissant, je me suis acceptée. Je ne me serais sans doute pas acceptée autant par la suite si je n'avais pas fait ce régime. J'aurai sûrement encore été mal dans ma peau et je me sentirai sans doute encore un peu grosse. Plus maintenant !

# Posté le jeudi 25 octobre 2007 04:58

Modifié le vendredi 26 octobre 2007 14:57

Se trouve grosse

On dit que l'anorexique se trouve grosse. Ce n'est pas faux... Et ce n'est pas non plus complètement vrai. Pour mon cas, en tout cas.
Je savais que j'étais maigre, je savais que j'avais perdu trop de poids, mais je savais aussi qu'il me restait encore de la graisse. Je pinçais mes bras: "Bon, ça va, y'en a encore", je pinçais mes cuisses, dans l'entre-jambes: "Bon, ça va, j'en ai... Je peux même encore en perdre. Il n'y a pas un trou assez grand, entre mes cuisses, quand je serre mes fesses, les pieds joints !"... (<- Ca, c'était LA pose que je prenais pour "étudier" mes cuisses...)
Donc, en vérité, le truc, c'est qu'on voit la graisse, on la sent même. C'est pour ça qu'on se trouve grosse. On se SENT grosse. On sent qu'on n'a pas perdu assez, on sent qu'on peut encore perdre, on sent qu'il y a encore de la graisse... Et on n'en veut pas de cet graisse.
ON SE SENT GROSSE DE TOUTES NOS RESTRICTIONS.
Plus on maigri, plus on veut perdre, jamais assez contente du poids perdu.

# Posté le mardi 23 octobre 2007 13:52

La balance...

Je me souviens que tout dépendait de la balance. Peu m'importait le corps, peu m'imporatait la graisse que j'avais. Il fallait juste que mon poids SUR LA BALANCE baisse (ou stagne, du moins).
Aux débuts, si le chiffre agmentait, ne serait-ce que de 100 grammes, je me surveillais énormement, voire je jeûnais, toute la journée. (Je me pesais les matins !).
Je me regardais à peine dans la glace. Pour moi, le travail était par rapport à la balance. Je maigrissais, je me pesais, j'étais heureuse, je maigrissais, je me pesais, j'étais heureuse...
Puis, un beau jour, je me suis regardée dans la glace. C'était affreux ! Je n'étais pas habituée à me voir. Je me souviens de mon ventre. Il était squelettique (je n'étais déjà pas grosse avant), les os du bassin étaient saillant, je n'avais plus de hanche (bien que je n'en ai jamais vraiment eu, mais là, elles étaient complètement rentrées !). Je me suis regardée choquée. Je ne pensais pas que j'étais devenue comme ça, car, au début, je ne voyais QUE la balance. QUE le chiffre de la balance qui devait baisser.
Mais, pour moi, je devais continuer quoi qu'il arrive. Je m'en fichais bien, après tout, qu'on voit mes os, que je n'aie plus de belles formes. Je voulais malgré tout continuer à maigrir, continuer le contrôle, j'étais dans l'euphorie de la maladie. Je pense que je ne me rendais même pas vraiment compte des conséquences. Elles n'étaient que physiques à ce moment, devant mes yeux. J'avais maigri ! Et je voulais continuer. je voulais atteindre une espèce de perfection. Ne plus avoir AUCUNE graisse.

# Posté le mardi 23 octobre 2007 13:45